Une reconnaissance qui vient saluer plus de quinze ans de recherches consacrées aux ondes et aux vibrations, aujourd'hui mises au service de projets menés au sein du Laboratoire PIMM.
Chaque année, l'Institut universitaire de France (IUF) distingue des enseignants-chercheurs de toutes disciplines pour l'excellence de leurs travaux scientifiques. Cette nomination s'accompagne d'un soutien de 15 000 euros par an et d'une décharge d'enseignement permettant aux lauréat·es de consacrer davantage de temps à leurs recherches pendant cinq ans. A partir d’octobre, Marc Rébillat, maître de conférences au sein du laboratoire PIMM, rejoint les membres juniors de l'IUF au titre de la chaire fondamentale.
Du temps pour approfondir des projets déjà nombreux
La décharge d'enseignement associée à cette distinction permettra à Marc Rébillat de consacrer davantage de temps à ses travaux de recherche. « J'ai la chance d'avoir de nombreux projets financés. La nomination à l'IUF va me permettre d'avoir le temps de travailler en profondeur sur les méthodes », souligne-t-il.
Parmi ces projets figure notamment SMATSH, mené en partenariat avec Naval Group. Porté dans le laboratoire par le travail de thèse de Louka Jammes, ce projet s'intéresse à la tenue mécanique des structures constituant les coques des navires militaires. « Ce sont des matériaux soumis à des contraintes particulières : non seulement la structure est courbée mais il faut également prendre en compte deux environnements très différents, l'eau et l'intérieur du bateau », précise Marc Rébillat.
Autre projet, INPACT, développé avec le doctorant Emmanuel Banimba, qui explore de nouvelles approches de surveillance et de caractérisation des structures grâce aux ondes guidées et aux méthodes avancées de traitement des données.
À ces travaux s'ajoute un partenariat avec Air Liquide consacré à la conception et à l'optimisation des matériaux utilisés pour les bouteilles de gaz. Mené avec le doctorant Orlando Vargas, ce projet vise à mieux comprendre le comportement de ces matériaux dans des conditions d'utilisation exigeantes.
La force d'un écosystème pluridisciplinaire
Cette diversité de thématiques est rendue possible par la richesse scientifique du laboratoire PIMM : « Je ne suis spécialiste ni des matériaux composites, ni des polymères, ni même de l'apprentissage machine. C'est formidable de pouvoir m'appuyer sur mes collègues », souligne Marc Rébillat. Il cite notamment Nazih Mechbal, Éric Monteiro, Fakhreddine Ababsa, Francisco Chinesta, Nicolas Hascoët, Beatriz Moya, Mikhail Guskov, Sébastien Roland, Pierre Margerit, Dimitri Goutaudier, Juan-Pablo Marquez, Laurent Berthe, ainsi que les équipes partenaires de l'I2M et du CNRS.
« Cette nomination à l'IUF est individuelle, mais elle est rendue possible grâce à l'écosystème de recherche du laboratoire, dans lequel nous travaillons beaucoup en réseau » conclut-il.
Un parcours guidé par les ondes et les vibrations
Agrégé de physique appliquée à l'École normale supérieure de Cachan, Marc Rébillat a construit un parcours scientifique autour des ondes et des vibrations. Il débute par une thèse en acoustique consacrée au son spatialisé, avant d'effectuer un postdoctorat portant sur les effets du son en neurosciences.
Depuis son arrivée à Arts et Métiers en 2012, il développe des recherches à l'interface entre mécanique, dynamique des structures, notamment autour des structures intelligentes fonctionnant à base d'ondes et des méthodes d'intelligence artificielle informées par la physique. « Ce sont peut-être des domaines différents, mais les outils utilisés sont proches », explique-t-il.