Cartes électroniques, aimants permanents, composants… Nos équipements concentrent de nombreuses matières premières critiques et stratégiques indispensables à l’industrie européenne.
Or, leur approvisionnement reste fortement dépendant de pays extérieurs à l’Europe, entre autres en Asie. Par exemple, l’Europe s’appuie à 100 % sur la Chine pour les terres rares lourdes, à 98 % de la Turquie pour le bore et à 85 % du Brésil pour le niobium. L’ambition européenne est donc claire : « L’Europe veut renforcer sa souveraineté, notamment à travers des démarches visant à gagner en autonomie dans l’accès aux ressources » souligne Nicolas Perry, coordinateur du projet CIRCUIT4EU.
Agir en amont du recyclage traditionnel
CIRCUIT4EU entend agir en amont du recyclage traditionnel. Plutôt que de broyer systématiquement les équipements, le projet cherche à identifier, démonter, trier et réutiliser les composants ou matériaux présentant le plus de valeur. Une approche testée notamment sur des ordinateurs portables, des box Wi-Fi, des trottinettes électriques et des lave-vaisselle.
Dix technologies au plus près des usages industriels
Robotique, reconnaissance d’image, dessoudage, procédés métallurgiques, passeport numérique des produits… Dix technologies seront développées. Le passeport numérique doit notamment faciliter l’accès aux informations utiles en fin de vie d’un produit : composition, architecture ou localisation des composants. « Ce sont des données très importantes, rappelle Nicolas Perry. Elles peuvent être exploitées pour automatiser et accélérer les opérations de démontage et de récupération ».
Le projet vise à développer des technologies suffisamment matures pour être testées dans un environnement représentatif des conditions réelles (TRL 6), puis être validées directement en situation opérationnelle avec une perspective concrète d’industrialisation (TRL 7). Certains partenaires envisagent déjà de reprendre les lignes expérimentées dans le projet pour « les installer chez eux et puis produire une fois que le projet sera fini » précise Nicolas Perry.
Au croisement de deux priorités d’Arts et Métiers
Au sein de l’établissement, le projet mobilise notamment l’I2M à Bordeaux et le LISPEN à Lille, en associant les compétences en économie circulaire, robotique et technologies de l’industrie 4.0. Pour Nicolas Perry, CIRCUIT4EU s’inscrit directement dans les orientations d’Arts et Métiers : « L’enjeu est de mettre les technologies de l’industrie du futur au service de l’économie circulaire et d’accompagner les industriels français et européens vers davantage de souveraineté. »
CIRCUIT4EU en bref
Financé à hauteur de 8 millions d’euros dans le cadre d’Horizon Europe et coordonné par Arts et Métiers, le projet CIRCUIT4EU (Circular Innovation for Critical Raw Materials Recycling & Reuse for PCBs, Permanent Magnets and Electronic Components) a été lancé en juin 2026 pour 42 mois. Il réunit une vingtaine de partenaires autour d’un enjeu stratégique : mieux exploiter les ressources contenues dans les déchets d’équipements électriques et électroniques.
Les partenaires : Arts et Métiers/AMVALOR (France), EcoWise – Ekodenge Ltd (Royaume-Uni), UNITAR (Allemagne), ecosystem (France), Repic Limited (Royaume-Uni), WEEE Forum (Belgique), EPRON (Nigeria), Corporacion Red Verde (Colombie), Corporacion EcoCómputo (Colombie), University of L’Aquila (Italie), Arianee SAS (France), N-ABLE (France), Gorenje Gospodinjski Aparati (Slovénie), GAD Elektronika (Slovénie), Lortek COOP (Espagne), MagREEsource (France), Tech Take Back (Royaume-Uni), Orange (France), University of Ljubljana (Slovénie) et Circular Intelligence Association (Belgique).